Code d'Esther :

la contre-enquête

L'argumentation religieuse est très présente dans le CDE. Or, les arguments religieux sont (presque) indiscutables puisqu'ils font appel à la croyance.

 

A titre d'exemple, nous avons celui-ci : Selon Moïse Maïmonide, un rabbin andalou du XIIème siècle, Pourim restera la seule fête quand toutes les autres disparaîtront. A l'avènement du Messie tous les livres saints seront abolis, sauf la Loi et Esther qui, avec la Tradition, demeureront. D'où l'importance accordée au livre d'Esther

Code d'Esther : la contre-enquête

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Numérologie sacrée

Un autre argument avancé est lié à la numérologie. Il occupe une part non négligeable du livre (pages 139 à 145) :

 

Dans le livre d'Esther, 3 lettres (2 petites et 1 grande) se distinguent dans 3 prénoms des fils d'Haman. Ce détail est présenté comme une singularité, aussitôt teintée de mystère, et dont la compréhension viendrait renforcer l'hypothèse de la prophétie.

 

La démonstration du CDE est la suivante : selon la Guematria, la valeur numérique des 2 petites lettres est 707, celle de la grande est 6. Le problème est que ces deux valeurs ne renvoient à rien.

 

J'ai tout essayé. Pendant des jours, j'ai additionné, multiplié, soustrait, divisé, j'ai tenté toutes les opération. Rien. Rien de cohérent, rien de satisfaisant (page 143)

 

D'où le recours à la numérologie de la Kabbale où la grande lettre englobe les années de 5000 à 6000. Du coup, on peut additionner 5000 + 707 = 5707, valeur qui correspond sur le calendrier juif à l'année 1946.

La conclusion est alors la suivante : cette singularité dans les noms des fils d'Haman renvoie au procès de Nuremberg.

 

On s'étonne du recours à plusieurs références numérologiques de nature et d'époques différentes. On note que si l'une n'offre pas satisfaction, on peut la remplacer ou l'enrichir grâce à l'autre. Ce procédé, bien commode, est suspect. De plus, on obtient des valeurs très étendues : la grande lettre englobe un laps de temps très large, utilisable à convenance. C'est bien pratique pour aboutir au résultat visé !

 

Pour bien montrer le caractère non rationnel de l'argument numérologique, il suffit de se livrer à des expériences du même ordre. Voici le résultat de l'une d'elles :

Il faut attribuer à chaque lettre de l'alphabet français une valeur numérique (A = 1, B = 2...). Pour le nom de Esther, on obtient donc la somme de 75, qui devient 12 (7 + 5), en enfin 3 (1 + 2). Pour le nom de Hitler, on obtient au final 9. Les sommes ne correspondent pas, mais si on divise le chiffre de Hitler par les 3 lettres des 3 fils de Haman, on obtient 3 (9 / 3). Nous pourrions donc en tirer la conclusion suivante : il existe un lien entre le récit d'Esther et l'avènement de Hitler, le premier prédisant l'autre. Voilà comment on peut fabriquer aisément de nouvelles « preuves ».

 

Même expérience entre Haman (valeur 1) et Nuremberg (valeur 4). Si on ajoute les 3 lettres des 3 fils à la valeur de Haman, on trouve 4, la valeur de Nuremberg.

 

Nouveau lien, nouvelle preuve, nouvelle manipulation de chiffres et extrapolation.

Les experts interrogés

La quasi totalité des « experts » interrogés dans le CDE sont des rabbins. Nous ne mettons pas en doute leur culture et leur expertise dans leurs domaines.

Cependant, tous sont persuadés que la Torah raconte l'histoire de l'humanité. Ils sont sûrs que le livre d'Esther contient une prophétie annonçant la shoah. Or l'enquête démarre justement à partir des propos de l'un d'eux.

 

Il [le rabbin] entama un véritable cours sur les prophéties de la Torah, et en particulier sur celle d'Esther (…) [plus tard, le rabbin s'adresse à un des auteurs du CDE] Je te donne les pistes. A toi d'enquêter, de recouper, de gratter, de confronter les idées... » (pages 28 et 30).

 

En les interrogeant, le CDE ne fait donc qu'entériner leur conviction.

 

On peut noter qu'il n'y a pas d'entretiens effectués auprès de contradicteurs, permettant un débat. Aussi, aucune remise en cause des propos n'est faite. L'enquête est donc orientée dans une seule direction.