Code d'Esther :

la contre-enquête

Le point de départ :

 

Julius Strecher est l'un des nazis condamnés à mort, suite au procès de Nuremberg, en 1946. Lors de son exécution, le condamné est traîné jusqu'au lieu de son supplice. Il lance des « Heil Hitler », et « maintenant je vais à Dieu », « c'est Pourim 1946 », « les bolcheviks vous pendront un jour », « Adèle, ma chère femme ».

 

Dans ce fatras de mots et de gémissements jetés à la volée, c'est une phrase qui sert de point de départ à l'histoire du « Code d'Esther » (CDE) : « C'est Pourim 1946 ». Pourquoi, au moment où il est exécuté, Julius Strecher lâche-t-il cette phrase ?

 

 

Code d'Esther : la contre-enquête

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Nous proposons sur ce site une lecture critique du livre.

 

Puisque ce dernier indique qu'il révèle des indices, des coïncidences et des preuves prouvant l'existence d'une prophétie au sein du livre d'Esther, nous nous proposons de les examiner et de les discuter.

A la question de départ posée par le CDE, on serait tenté de répondre aussitôt que Streicher sait que cette fête juive commémore la délivrance des juifs de l'empire Perse d'un projet d'extermination décrété contre eux. Or, au moment où il parle, la guerre est perdue par les nazis et les juifs sont sauvés de leur barbarie. Effectuant un parallèle simpliste (dans les deux cas, les juifs sont épargnés), Streicher parle donc d'un nouveau Pourim. Il ne semble y avoir rien là de mystérieux.

 

Mais les auteurs du livre n'explorent pas cette piste, pourtant assez logique. En fait, ils ne l'évoquent même pas ! Ils glissent directement sur une autre interprétation, plus mystérieuse, soufflée par un rabbin (le Rav Bloch) : la phrase de Julius Streicher renverrait au livre d'Esther, qui cacherait une prophétie annonçant la shoah.

Toute la suite du « Code D'Esther »  va consister à convaincre le lecteur du bien fondé de cette thèse, en reliant une histoire vieille de 2300 ans avec les dernières paroles de Julius Strecher. Et, comme l'indique différents passages du livre, le lecteur doit s'attendre à une énorme surprise et à un message troublant.

Le livre d'Esther

Avant de reprendre les arguments avancés par les auteurs (voir les autres pages du site), il faut revenir un peu sur le livre d'Esther qui est au centre de l'histoire. Le CDE le décrit ainsi :

  • Il écrit en hébreu mishnique, ce qui permet de le dater aux environs du II ou IIIème siècle avant JC.

  • Son histoire se déroule à Suse, ville localisée au Sud Ouest de l'Iran actuel.

  • Ce livre n'a pas été retrouvé aux côtés des autres manuscrits de la mer morte.

  • Dieu n'apparaît pas dans le texte, ce qui est peu commun.

Un rouleau d’Esther (source photo : Wikipedia)

Cette présentation est curieusement lapidaire, alors que le texte est central pour la thèse des auteurs. Il y a pourtant beaucoup d'autres choses à ajouter, comme :

  • L'auteur du livre d'Esther reste inconnu.

  • La date de sa rédaction est toujours discutée.

  • Le contenu historique fait débat mais, à cause d'invraisemblances et d'erreurs, nombre de chercheurs doutent sérieusement de la véracité des faits relatés. Ils penchent plus pour un conte que pour un récit historique :"Le récit compte de nombreuses invraisemblances, de sorte que le livre d'Esther doit plutôt être considéré comme un oeuvre de fiction que comme un livre historique" (p657, Macchi, JD, voir référence plus bas)

  • Certains chercheurs pensent qu'à l'origine, Pourim est une version judaïsée de festivals persans. Le livre d'Esther viendrait justifier et légitimer cette fête.

 

Pourquoi ne pas aborder ces points, même de façon succincte ? Pour combler cette lacune, les lecteurs intéressés pourront par exemple se diriger vers :

- "Esther", J. D. Macchi, dans "Introduction à L'Ancien testament", Labor et Fidès, 2009, pp 654-660.

- Rachet, G., "La Bible, mythe et réalités", éd. du Rocher, 2003.

 

Dans le CDE, l'histoire d'Esther est racontée sur quelques pages (de 73 à 82), sous la forme d'un résumé sélectif, émaillé de souvenirs autobiographiques. En fait, la lecture intégrale de l'histoire d'Esther est incontournable pour le lecteur souhaitant peser les arguments avancés dans le CDE. Différents sites la proposent, par exemple celui-ci.